Bonjour,
En ce qui concerne les motivations des groupes républicains toujours en conflit, je ne crois pas qu'ils s'agissent vraiment, pour eux, de retomber dans les Troubles. Je pense qu'ils ne s'en sentent pas capables.
Leurs objectifs sont, à mon sens :
- Empêcher une normalisation de la situation en maintenant un niveau de danger élevé pour les forces de sécurité. Ce qui conduit actuellement les policiers à se balader en gilet pare balle et mitrailleuse, à ne pas s'engager dans certains quartiers républicains sans être en force, à patrouiller en land-rover blindé, etc
Ces attaques envoient donc un message politique fort : le peace process actuel n'est pas une solution définitive réalisable, le problème du Nord de l'Irlande n'est pas réglé.
- Conserver une flamme. Maintenir une tradition républicaine de résistance.
Dans un autre registre, je pense, personnellement, que ces groupes ont la capacité de poursuivre leur campagne sur le long terme. Ils ont su (depuis grosso modo 2005) se réarmer, recruter (aussi bien d'anciens membres de la PIRA (en témoigne le nouveau niveau de sophistication des deux dernières bombes de la RIRA) que des jeunes (l'émergence d'une génération qui n'a pas connu les Troubles représente, à mon sens, un terreau fertile que les groupes soit-disant "dissidents" ont su utilisé pour reconstituer leurs rangs). De plus, le faible niveau de connaissances des services de renseignements britanniques et de la "République" sur ces nouveaux membres qui représentent la majeure partie de ces organisations constituent un énorme handicape.
Quant à la spéculation de certains médias sur les "quelques dizaines de membres" qu'auraient, chacune, ces deux organisations, c'est en totale contradiction avec les rares éléments que l'on possède. 0n sait que, depuis 2005, la RIRA et la "CIRA" ont fortement recruté. A cette époque, les estimations étaient d'une cinquantaine de membres pour la "CIRA" et d'"au maximum" 150 activistes pour la RIRA (disons 100). Or, il n'y plus eu de coup de filet important comme au début des années 2000 quand la RIRA avait été pratiquement décapitée. Il est donc bien plus probable qu'on atteigne un chiffre fréquemment cité de 300 activistes pour ces deux organisations.